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ETUDIE Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo
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ETUDIE Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo



Les figures de style - ETUDIE Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo - ãæÞÚ áÔÑÍ ÏÑæÓ ÇáÅäÌáíÒíÉ
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Deuxième semestre : Module 3 : Etudier un roman à thèse :« Le dernier jour d’un condamné » de Victor HUGO

(A adapter en fonction de chaque filière et de l’horaire imparti)  

Compétences

Activités

Contenus

Communiquer oralement et par écrit à partir d’une œuvre littéraire

Reconnaître les caractéristiques d’un roman à thèse :

L’énonciation et l’identité du narrateur 

Le portrait du personnage principal

Le thème du temps /le compte à rebours

- Reconnaître un poème engagé

Débattre d’un thème

Analyser des images en relation avec la thématique

Produire des écrits d’invention ou de réflexion

Activités de lecture  :

-Observation et analyse de documents

-Lecture hors de la classe

-Lecture analytique 

-Lecture méthodique 

- Lecture sélective

- Groupement de textes

Production écrite :

Production de textes en fonction de consignes et du projet pédagogique

Activités orales et TE

- Présentations orales 

- Jeux de rôle 

-Simulations 

-Discussions 

-Débats.

-Compte rendu de film

-Recherche documentaire

-Elaboration de dossiers

Activités de langue :

Pratique intégrée de la langue à partir de la réception et de la production de l’oral et de l’écrit.

Réception de l’écrit

Les caractéristiques discursives du récit argumentatif

  • L’énonciation 
  • Le portrait 
  • Le monologue intérieur
  • La chronologie dans le récit
  • L’alternance de--xx--ion / narration
  • Les procédés d’écriture :
    • les figures de style
    • le schéma de l’argumentation
    • les niveaux de langue
    • le plaidoyer/le réqu isitoire

- Les thèmes : la peine de mort, les droits de l’homme : le respect de la dignité humaine…

- La poésie engagée.

Production de l’écrit

  • Elaboration d’un plan de rédaction, d’une introduction, d’une conclusion 
  • Réécriture 
  • Production d’écrits argumentés (monologues, dialogues, réflexion autour d’une thématique, etc.) 
  • Résumé de texte 
  • Compte rendu de lecture 

Production de l’Oral et TE

  • Elaboration de dossier sur le thème de la peine de mort

Langue

  • La phrase complexe  
  • Les niveaux de langue
  • Les registres : le tragique, le pathétique, le satirique, le polémique
  • Les procédés linguistiques de l’argumentation (les stratégies argumentatives).

Biographie

Victor HUGO
1802-1885
Né à Besançon l e 26 février 1802, mort à Paris le 22 mai 1885. Figure littéraire hors pair, Victor Hugo est, très jeune, attiré par la poésie et la gloire liée à l'écriture ; ses premiers succès lui apportent la célébrité. Poète, romancier, auteur dramatique, engagé politiquement (son roman le Dernier jour d'un condamné en est le prélude en 1829), exilé sous le Second Empire, ce génie traverse son époque, la marquant par sa vitalité, ses combats, ses convictions et son immense talent.
Son œuvre poétique est marquée notamment par les Odes et ballades (1828), les Châtiments (1853), les Contemplations (1856) et la Légende des siècles (1859 à 1883), comme son œuvre romanesque est dominée par Notre-Dame de Paris (1831) et les Misérables (1862).
Après la préface manifeste de Cromwell, Victor Hugo entre de façon fracassante dans le milieu du théâtre du début du XIXe siècle avec Hernani (1830) et la célèbre bataille au moment de la création à la Comédie-Française. Hugo est alors le chef de file incontesté de l'école romant ique. Dans l'écriture de ses drames, passion et politique sont des forces qui s'entrechoquent, et les fulgurances de l'action dramatique révèlent aux cœurs purs la seule voie, funeste et héroïque, qui leur est ouverte. La décennie suivante voit la présentation sur scène de ses drames, Le roi s'amuse (1832), interdite après la création, Lucrèce Borgia (1833), Marie Tudor (1833), Angelo, tyran de Padoue (1835), Ruy Blas et Marion Delorme (1838), jusqu'à l'échec des Burgraves en 1843. À la fin de sa vie, Victor Hugo reviendra au théâtre avec l'écriture de plusieurs pièces, dont la série du « Théâtre en liberté ».
 

Fiche pratique

Auteur :
Victor Hugo

Titre et date de publica tion:
Le dernier jour d'un condamne , publié en 1829.

Genre
Récit à la première personne ; adoption des techniques de l’autobiographie, le journal intime en particulier.

Histoire

Le livre est l’histoire d’un homme qui a été condamné a mort et,  il raconte ce qu’il vit pendant les dernières semaines de sa vie. Nous ne savons ni le nom de cet homme ni ce qu’il a fait pour être condamné à mort, mais nous pouvons comprendre et vivre avec cet homme ce que veut dire être condamnés à mort.
Il nous raconte sa vie en prison ; nous parle de ses sentiments ; peurs et espoir, de sa famille ; sa fille, sa femme et sa mère.
Il raconte aussi quelques bribes de son passé et cesse d’écrire quand arrive le moment de l’exécution.

< FONT face="Comic Sans MS">Composition

Le livre comporte trois parties : Bicêtre, la Conciergerie et la Mairie.
Bicêtre : le procès, le ferrage des forçats et la chanson ;
La Conciergerie : le voyage vers Paris, la rencontre avec la friauche et la rencontre avec le geôlier qui lui demande les numéros pour jouer à la loterie ;
L’Hôtel de Ville : le voyage dans Paris, la toilette du condamné et le voyage vers la Place de Grève : l’échafaud.

 

Personnages

Le condamné à mort / Les geôliers /  Sa fille  / Sa femme et sa mère / Le prêtre. / La foule

Cadre:

Lieux :
Les grandes prisons de Paris : Bicêtre, la Conciergerie et l’Hôtel de Ville.

Durée :
Cinq semaines, à partir du moment où le protagoniste est condamné à mort jusqu’au moment où il monte sur l’échafaud.

Thèmes

La peine de mort / La peur / la haine / la religion / la violence contre les prisonniers /  l’injustice  / la justice

Enonciation, focalisation

Le narrateur est le personnage : utilisation de la première personne.
Le narrateur # l’auteur.
Focalisation interne : accès au point de vue du narrateur et à sa vision des choses et du monde..

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Le dernier jour d’un condamné à mort :
Variations sur l’axe temporel

     La sentence finale livre le condamné à mort à un conflit intérieur et à des souffrances qui vont bouleverser sa vie présente et passée. Ce jugement catégorique va aussi mettre en péril l’équilibre personnel, familial et social de cet homme. Homme bien éduqué, le condamné éprouve un grand malheur devant l’injustice de ce verdict et devant cette société qui le condamnent sans merci et injustement. La grande sensibilité de ce condamné le pousse –à travers le monologue- à analyser sa situation et ses émotions après l’annonce de la sentence. Il remonte alors le temps pour vivre et échapper au présent sur lequel il n’a plus de pouvoir, « j’ai tâcher d’oublier, d’oublier le présent dans le passé » (chapitre 33). Il se livre à ce monologue qui traduit ce désarroi intérieur dû au manque de l’autre et à cette suffocante réalité de la prison et de l’avenir. Cet avenir qui n’est plus et qui refuse d’avoir une forme même dans le rêve et les rayons de l’espoir qui s’éteignent si vite.
Ce retour en arrière (flash back), ce chevauchement (va-et-vient) entre le présent et le passé est très symbolique. C’est un choix narratif qui tente de montrer l’influence de la peine de mort sur la conception du temps et l’existence de cet homme. C’est une stratégie à double sens : fuite vers le passé de bonheur, d’équilibre, d’amour et miroir de la perturbation existentielle qui prive le condamné de sa vie normale. Puisqu’il est incapable de vivre le présent et de faire un projet  dans l’avenir, le condamné se cantonne dans le passé où il  retrouve quelques lueurs de joie et d’amour. Le passé est le seul trésor qui lui demeure et qui donne un sens à sa vie.  Malheureusement c’est un trésor que les mains de l’homme vont détériorer.  «… j’ai une maladie, une maladie mortelle, une maladie faite de la main des hommes » (chapitre 15). 
Le condamné pense beaucoup au temps. Ou peut-être est-il victime du temps. Une chose est sûre : il est dans un cachot et il attend le jour de son exécution. Cette attente le condamne à ne pas se résigner au cours normal du temps car il n’est plus maître de soi comme il l’était auparavant. « je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre » (l’incipit).
Par ailleurs, la solitude du condamné, les conditions du cachot, l’absence réelle de l’autre sont un obstacle devant son épanouissement individuel, affectif et social. Cette situation oblige le jeune homme à se relier sur soi et à puiser dans son horizon perdu quelques moments de bonheur.
La sentence finale a donc semé le désordre dans la vie de cet homme qui aspire vainement à une grâce. Elle a secoué violemment son monde intérieur, sa psychologie, son existence, son passé, son présent et son avenir. Ce jugement a bel et bien détruit cett e linéarité du temps que l’homme perçoit et exploite pour donner un sens à son existence. Sous l’effet du choc, le condamné perd tout contrôle sur le temps. Il essaie de l’organiser suivant sa psychologie, son présent insensé et aspirations. Il substitue au temps biologique un autre, le temps psychologique. Il éprouve ainsi une angoisse à  parler de sa vie. « j’avais le paradis dans le cœur. C’est une soirée que je me rappellerai toute ma vie. Toute ma vie ! » (chapitre33). Cette attitude est la conséquence effective d’un jugement qui met fin à une vie, toute une vie dans un moment précis et à une heure précise. Cette tentative de faire retourner les aiguilles du temps au sens contraire montre combien la souffrance du condamné est immense face à la guillotine. «  quand j’ai rêvé une minute à ce qu’il y a de passé dans ma vie et que je reviens au coup de hache qui doit la terminer tout à l’heure, je frissonne comme dans une chose nouvelle. » (chapitre 34).
L’évocation du pass é ne fait qu’augmenter la souffrance du condamné. C’est une période de bonheur, d’amour et d’aventure. La peine de mort a détruit tout ce bonheur et a privé le condamné de la fierté d’être père et de l’allégresse affective à entendre ce mot de « papa » que sa fille Marie refuse d’émettre lors de sa visite. 
«  et je suis retombé sur ma chaise, sombre, désert, désespéré. A présent ils devraient venir ; je ne tiens plus à rien ; la dernière fibre de mon cœur est brisée. Je suis bon pour ce qu’ils vont faire »  (chapitre43).    

Le schéma narratif du récit:

Situation initiale:    Le personnage-narrateur menait une vie heureuse avec sa famille, sa fille Marie, sa femme et sa mère jusqu'au jour du crime qui a bouleversé sa vie.

NB: Le récit commence in medi as res c'est-à-dire le moment où l'action est déjà engagée. Puisque le plus important est la contestation de la peine de mort, l'auteur fait ellipse de cette situation initiale et passe directement aux faits. Toutefois il nous est facile de déduire cette situation initiale à travers les flashes back. (Analepses, retour en arrière).

Elément perturbateur: Le meurtre commis par le narrateur-personnage.

Péripéties: Le jugement, l'emprisonnement, la condamnation à la peine de mort, recherche du condamné d'une solution pour préserver sa vie.

Dénouement: Il n'y a pas de dénouement. Le condamné garde l'espoir jusqu'à quelques moments avant l'exécution, mais à ce moment-là les bourreaux préparent l'exécution. C'est u ne clausule ouverte, aux lecteurs d'imaginer la fin puisque pour l'auteur ce qui compte c'est la dénonciation de l'horrible peine de mort.  

Situation finale: L'auteur a fait l'ellipse de la situation finale pour amener le lecteur à réfléchir.

Le schéma actanciel du récit:

Ce roman est l’un des premiers écrits par Victor Hugo.
Dans sa préface il nous dit son souhait d’écrire un « plaidoyer contre la peine d e mort »
Pour ce faire, il donne la parole à un condamné, qui sait qu’il va mourir.
Ce dernier ne cherche pas à rejeter la faute qu’il a commise, il ne se révolte pas… il vit, seconde après seconde, les moments qui le séparent de sa mort
Victor Hugo lui donne la parole : et nous entendons, nous voyons, nous ressentons ce que le condamné entend, voit, ressent.
Le point de vue interne joue à merveille, on se sent proche de cet homme ; on s’identifie à lui… on ne peut pas supporter de savoir que dans quelques heures, il va mourir et l’on éprouve un grand deuil quand les mots ne s’écrivent plus, quand la plume n’a plus de main pour la tenir.
Magnifique et grandiose écriture que celle de Victor Hugo dans ce monologue intérieur : les procédés d’emphase, les effets surprenants de personnification, les gradations… quelle plaidoirie !

1. Quel est le narrateur de ce roman ?

à quelle personne est-il écrit ?
Comme nt appelle-t-on ce point de vue ?
Quelles sont les conséquences (sur le lecteur) de cette façon de raconter les choses ?
A quel type de caméra cela correspond-il au cinéma ?

2. Expliquez pourquoi on ne peut pas nommer cette œuvre :

· Une autobiographie ?
· Une confession ?
· Un journal intime ?
· Une lettre ?
· Des mémoires ?

3. Le personnage :

· Sur ce qu’on apprend de lui, de ses façons de se conduire…, peut-on dire qu’il est : cultivé/ ignare/grossier/ pauvre ? vous appuierez votre réponse en citant un bref extrait
· Quelles sont ses relations avec les autres prisonniers qu’il rencontre ?
· Quels sont ses souvenirs (extraits) sur son enfance/ les femmes/ sa femme/
· Quelles pensées a-t-i l envers son enfant ?

4. le crime

Par quels moyens Victor Hugo parvient-il à ne pas nous révéler les actes du condamné ?
· quand il aurait pu en parler ( au procès, ch.2)
· à cause de l’état psychologique du condamné
· par un artifice romanesque

Etude de texte:   Victor Hugo, Dernier jour d'un condamné   

                                                                 Chapitre premier  

Bicêtre.

 

Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des jeunes filles, splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées,d es théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre. Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu’une certitude : condamné à mort ! Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés,seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans me s rêves sous la forme d'un couteau. Je viens de m'éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : - Ah ! ce n'est qu'un rêve ! - Hé bien ! Avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entr'ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille:

- Condamné à mort !

 

 

 Mise en situation:    Il s'agit de l'incipit.

Qui est le personnage princ ipal de l'œuvre?
Pour quel crime est-il condamné?
Pourquoi l'auteur s'est contenté de quelques informations ?
  Analyse: 

1) Quel est le genre de ce texte?
2) Quel est son type?
3) Quelle est la visée de l'auteur?
4) S'agit-il d'un discours ou d'un récit?
5) Qui parle dans ce passage? A qui? De quoi?  Où? Quand?
6) Quelle idée obsède l'esprit du narrateur? Relevez le portrait de cette idée?(tableau)
7) Quelle est donc le point de vue de la narration?   
8) Relevez les indicateurs temporels et les temps verbaux et dégagez l'opposition autour de laquelle le texte est construit.
9) Relevez les champs lexicaux dominants dans ce passage. Comment servent-ils cette opposition?
10) Dites en quoi cet incipit remplit-il sa fonction informative?

Traces écrites:

  Il s'agit d'un roman à thèse où l'auteur dénonce  la peine de mort. Le texte est un récit qui s'apparent à un discours. En effet, le narrateur s'adresse à lui-même; c'est un monologue intérieur. Le narrateur étant lui-même le personnage principal, le texte est à la première personne avec une focalisation intérieur qui nous permet de vivre avec ce pauvre condamné ses derniers jours attendant l'exécution.  Une idée préoccupe l'esprit du narrateur sa condamnation à mort. Cette idée l'obsède, il la décrit comme une femme qui le secoue avec ses deux mains d'où la personnification. Le texte est riche en termes appartenant au champ lexical "la prison".

Portrait de l'idée qui obsède le narrateur:


Adjectifs

Noms

Verbes

Comparaisons

  Horrible
Sanglante
Implacable
Infernale
Jalouse
Fatale

Idée
Cette pensée

Chassant
Me secouant
Elle glisse
Se mêle
Se colle avec moi
M'obsède
Epie mon sommeil
Reparaît dans mes rêves
Poursuivi par elle

Comme un spectre de plomb
Comme un refrain sous forme d'un couteau

 

La puissance de l’illusion

Puissance du rêve d’évasion s’impose à nous  par l’irruption de systèmes modaux spécifiques :
les valeurs d’irréel du présent dans l’emploi du SI + imparfait suivi d’une proposition au conditionnel présent ( Si je m’évadais/ comme je courrais : proposition sous-entendue = mais je ne peux m’évader), signalant la force de l’instinct de survie capable de gommer, contre toute raison , les obstacles des murs. Cette impasse franchie grâce à la 1ère proposition hypothétique, le locuteur développe alors sans peine les valeurs potentielles du conditionnel simple (sans reprise de l’hypothèse SI+impft) : il ne faudrait (3)/ je me cacherais(11)/ je reprendrais, j’irais(11 à 13).
Pour renforcer cette illusion, emploi de présents achroniques ( fait regarder/ déguise/ portent) et d’une série infinitive ( marcher, tâcher). Un présent d’énonciation (je sais, 8) gomme encore la distance entre rêve et discours en train de se faire. L’échappée hors les murs est alors actualisée et vécue de l’intérieur du cachot par ces artifices verbaux. Il devient alors possible d’évoquer un passé heureux, celui d’avant la chute et l’incarcération (9 et 10) ; Comble de l’hallucination, les présents d’actualité : « j’arrive/ un gendarme passe ». 
Le scénario de fuite est bien implanté dans un contexte spatio-temporel sur le plan du lexique. On progresse grâce aux noms de lieux : les maraîchers des environs/ Arcueil/ Vincennes/ la rivière/ Arpajon / Saint-Germain/ Le Havre/ l’Angleterre/ Longjumeau/    
et aux indications de temps : tous les jeudis/ jusqu’au soir/ la nu it tombée/

Le dédoublement tragique d’une conscience lucide

 

Cependant parallèlement à ce rêve éveillé et dès le début du texte, des indices marquent que l’angoisse mine cette fiction consolante de l’évasion.
L’émotivité imprègne le discours du rêveur d’une manière inquiétante : les interjections (Oh l1, Ah l19), d’autres exclamations vives (Non l3 et 13, N’importe l16) et surtout le très grand nombre de phrases de modalité exclamative ( environ une dizaine) démentent l’adhésion du locuteur à sa propre fiction, toujours menacée par un retour à la réalité.
De même, la structure du passage éclatée en  6 alinéas, la prépondérance d’une ponctuation heurtée ( tirets, points de suspension, détachement de groupes courts par virgule) révèlent dans un ph rasé haletant que le condamné lutte contre le temps : pas seulement le temps du fugitif pourchassé à l’intérieur du rêve, mais aussi le temps du  rêveur aux abois traqué par sa conscience lucide.

Cette conscience lucide se fait entendre tout au long de l’extrait et non seulement dans les deux derniers alinéas : c’est la voix rationnelle qui s’élève dans le « Non » l 3 et 13, mais aussi dans l’irréel du passé l 14 « Il aurait mieux valu » et surtout qui provoque l’échec de l’évasion l 17 : « un gendarme passe…je suis perdu. » dans un véritable dialogue intérieur.

Cette voix de la raison s’élève contre celle du cœur en forçant le narrateur à un retour à la réalité l 19 : ici le vocatif, la 2ème personne à l’impératif, rappelle définitivement à l’ordre le « malheureux rêveur » dans une to nalité tragique très marquée, en lui rappelant la présence du mur et l’imminence de la mort (imprécation l20). L’allusion ironique à la folie qui clôt le passage en termine une fois pour toutes avec l’illusion et laisse le prisonnier dans un amer désenchantement.   

On peut conclure à la fonction pathétique de cet extrait au service de la représentation d’un état d’âme, celui du condamné à mort que rien ne peut tirer de son désespoir dans l’attente de son châtiment. 

Par Catherine Alvarez

 

Devoir de type brevet des collèges ( chapitre XLVIII)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.Cependant la charrette avançait. A chaque pas qu’elle faisait, la foule se démolissait derrière elle, et je la voyais de mes yeux égarés qui s’allait reformer plus loin sur d’autres points de mon passage.
En entrant sur le Pont-Au-Change, je jetai par hasard les yeux à droite e n arrière. Mon regard s’arrêta sur l’autre quai, au-dessus des maisons, à une tour noire, isolée, hérissée de sculptures, au sommet de laquelle
5.je voyais deux monstres de pierre assis de profil. […]
Vers le milieu de ce Pont-au-Change, si large et si encombré que nous cheminions à grand-peine, l’horreur me prit violemment. Je craignis de défaillir, dernière vanité !
Alors je m’étourdis moi-même pour être aveugle et pour être sourd à tout, excepté au prêtre, dont j’entendais à peine les paroles, entrecoupées de rumeurs.
10.Je pris le crucifix et je le baisai.

  • Ayez pitié de moi, dis-je, ô mon Dieu ! – Et je tâchai de m’abîmer dans cette pensée.

Mais chaque cahot de la dure charrette me secouait. Puis tout à coup je me sentis un grand froid. La pluie avait traversé mes vêtements, et mouillait la peau de m a tête à travers mes cheveux coupés et courts.

  • Vous tremblez de froid, mon fils ? me demanda le prêtre.
  • Oui, répondis-je

16.Hélas ! pas seulement de froid.
Au détour du pont, des femmes me plaignirent d’être si jeune.
Nous prîmes le fatal quai. Je commençais à ne plus voir, à ne plus entendre. Toutes ces voix, toutes ces têtes aux fenêtres, aux portes, aux grilles des boutiques, aux branches des lanternes : ces spectateurs
20.avides et cruels ; cette foule où tous me connaissaient et où je ne connaissais personne ; cette route pavée et murée de visages humains… J’étais ivre, stupide, insensé. C’est une chose insupportable que le poids de tant de regards appuyés sur vous.
Je vacillais donc sur le banc, ne prêtant même plus d’ attention au prêtre et au crucifix.
Dans le tumulte qui m’enveloppait, je ne distinguais plus les cris de pitié des cris de joie, les rires des 25.plaintes, les voix du bruit ; tout cela était une rumeur qui résonnait dans ma tête comme dans un écho de cuivre.
Mes yeux lisaient machinalement les enseignes des boutiques.
Une fois, l’étrange curiosité me prit de tourner la tête et de regarder vers quoi j’avançais. C’était une dernière bravade de l’intelligence. Mais le corps ne voulut pas : ma nuque resta paralysée et d’avance
30.comme morte.
J’entrevis seulement de côté, à ma gauche, au-delà de la rivière, la tour de Notre-Dame, qui, vue de là, cachait l’autre. […]
Et là la charrette allait, allait, et les boutiques passaient, et les enseignes se succédaient, écrites, peintes, dorées, et la populace riait et trépignait dans la boue, et je me laissais aller, comme à leurs rêves ceux qui 35.sont endormis.
Tout à coup la série des boutiques qui occupait mes yeux se coupa à l’angle de la place : la voix de la foule devint plus vaste, plus glapissante, plus joyeuse encore ; la charrette s’arrêta subitement, et je faillis tomber la face sur les planches
Adapté de Victor Hugo, Le Dernier jour d’un condamné, chapitre XLVIII

Questions

  • Le voyage en charrette

1. A quelle forme de discours appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.

2. a. Où se passe la scène ?
b. Retracez, en relevant des indices de lieu, le parcours de la charrette du début jusqu’à la fin du texte.
c. Quels éléments du décor marquent symboliquement le destin du cond amné ?

3. Expliquez l’expression « le fatal quai » (l. 17).

4. De la ligne 17 à la ligne 26 :

  • relevez les mots qui appartiennent au champ lexical du bruit.
  • Pourquoi insiste-t-on sur le bruit dans ce passage ?

5. « Mais chaque cahot de la dure charrette me secouait. Puis tout à coup je me sentis un grand froid. La pluie avait traversé mes vêtements, et mouillait la peau de ma tête à travers mes cheveux coupés et courts. » (l. 12-13)

  • Quels sont les temps v erbaux que l’on trouve dans ce passage ?
  • Justifiez l’emploi de chaque d’eux.

6. A partir de l’observation des temps verbaux, des indices de temps et de l’ordre de la narration, quelle remarque peut-on faire sur le rythme du récit ?

  • Le narrateur

7. Relevez quelques pronoms personnels. A quelle personne la narration est-elle faite ?

8. Pour raconter cette scène, quel type de focalisation est adopté ? Relevez dans les trois premiers paragraphes des indices qui vous permettent de justifier votre réponse.

9. Expliquer le sens du verbe « défaillir » (l. 7)

10. « ma nuque resta paralysée et d’avance comme morte. »(l. 29-30) : expliquez le sens de cette phrase.

11.
a. Quelle est l’opinion du narrateur sur la foule ? Relevez quelques adjectifs pour justifier votre réponse.
b. Quelle est la spécificité de ces adjectifs ?

  • Réécriture
  • Transformez le passage « En entrant […] assis de profil. » (lignes 3 à 5) en utilisant la première personne du pluriel et en faisant toutes les transformations nécessaires.
  • Transformez le passage « La charrette allait […] endormis « (lignes 33 à 35) en utilisant le passé simple de l’indicatif.
  • Expression écrite

« Tout à coup la série des boutiques qui occupait mes yeux se coupa à l’angle de la place : la voix de la foule devint plus vaste, plus glapissante, plus joyeuse encore ; la charrette s’arrêta subitement, et je faillis tomber la face sur les planches. » (l. 36 à 38)

Ici s’arrête la narration du condamné... Le prêtre qui l’assiste raconte la suite des événements.

Votre texte sera narratif et à la première personne. Le type de focalisation sera externe : le prêtre ne connaît pas les pensées du condamné mais peut se livrer à des interprétations et peut faire partager ses émotions et ses opinions au lecteur. Vous tiendrez compte du lieu et des personnages indiqués par le texte de Victor Hugo et respecterez les temps utilisés par l’écrivain dans le texte. Il s’agira d’ émouvoir le lecteur et le convaincre de l’inhumanité de la condamnation. Enfin, il sera tenu compte de l’ orthographe et de la correction de la langue.

3ème3, sujet proposé par M. Gargallo, décembre 2003 .

Fiction et argumentation

TEXTE

 

I ncarcéré et condamné à mort pour des raisons inconnues du lecteur, un homme attend son exécution. Dehors, dans la lumière pâle du matin, la guillotine projette son ombre sur le pavé. Sur le papier, il jette ses angoisses, se souvient du bonheur enfui. Au chapitre XXVI, il se montre préoccupé de l’avenir de sa fille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est dix heures.
Ô ma pauvre petite fille ! encore six heures, et je serai mort ! Je serai quelque chose d’immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtres1 ; une tête qu’on moulera d’un côté, un tronc qu’on disséquera de l’autre ; puis de ce qui restera, on en mettra plein une bière2, et le tout ira à Clamart3.
5Voilà ce qu’ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu cela, Marie ? Me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose ! Ah ! grand Dieu !
Pauvre petite ! ton père qui t’aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux comme sur de la soie, qui prenait ton joli
10 visage r ond dans sa main, qui te faisait sauter sur ses genoux, et le soir joignait tes deux petites mains pour prier Dieu !
Qui est-ce qui te fera tout cela maintenant ? Qui est-ce qui t’aimera ? Tous les enfants de ton âge auront des pères, excepté toi. Comment te déshabitueras-tu, mon enfant, du Jour de l’An, des étrennes, des beaux joujoux, des bonbons et des baisers ?
15– Comment te déshabitueras-tu, malheureuse orpheline, de boire et de manger ?
Oh ! si ces jurés l’avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie ! ils auraient compris qu’il ne faut pas tuer le père d’un enfant de trois ans.
Et quand elle sera grande, si elle va jusque-là, que deviendra-t-elle ? Son père sera un des souvenirs du peuple de Paris. Elle rougira de moi et de mon nom ; elle sera méprisée, repoussée, vile
20à cause de moi, de moi qui l’aime de toutes les tendresses de mon cœur. Ô ma petite Marie bien-aimée ! Est-il bien vrai que tu auras honte et horreur de moi  ;?
Misérable ! quel crime j’ai commis, et quel crime je fais commettre à la société !
Oh ! est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour ? Est-il bien vrai que c’est moi ? Ce bruit sourd de cris que j’entends au-dehors, ce flot de peuple joyeux qui déjà se hâte sur les quais,
25 ces gendarmes qui s’apprêtent dans leurs casernes, ce prêtre en robe noire, cet autre homme aux mains rouges, c’est pour moi ! c’est moi qui vais mourir ! moi, le même qui est ici, qui vit, qui se meut, qui respire, qui est assis à cette table, laquelle ressemble à une autre table, et pourrait aussi bien être ailleurs ; moi, enfin, ce moi que je touche et que je sens, et dont le vêtement fait les plis que voilà !

Victor HUGO, Le Dernier Jour d’un condamné, chapitre XXVI (1829)

Notes

  1. amphithéâtre : salle d’une faculté de médecine garnie de gradins et réservée aux travaux pratiques d’anatomie.
  2. bière : cercueil.
  3. Clamart : nouvelle allusion au cimetière de Clamart, ville de la région parisienne. Cf. chapitre XII : « J’irai à mon tour les rejoindre au cimetière de Clamart, où l’herbe pousse si bien ! »

QUESTIONS

 

Questions d’analyse littéraire

1.

Lignes 1-2

Qui est le narrateur dans ce texte ? Justifiez votre réponse en relevant un élément du texte. Quel autre indice montre que ce texte s’apparente à un journal intime ? Expliquez.

(2 points)

2.

Lignes 2-4

Relevez les éléments de la de--xx--ion de la future dépouille du narrateur. Comment représente-t-il son propre corps ? Quel effet cette de--xx--ion produit-elle sur le lecteur ?

(3 points)

3.

Lignes 8-11

Analysez les champs lexicaux et les connotations. En évoquant ainsi ses souvenirs avec sa fille, quelle image du passé propose-t-il ?

(3 points)

4.

Lignes 12-16

Que produit la ponctuation employée ? Par quelle figure de style le narrateur insiste-t-il sur le devenir dramatique de sa fille après son exécution ? Expliquez.

(2 points)

5.

Lignes 2-17

Quelles marques témoignent de l’implication du destinataire dans le discours ? A qui le narrateur s’adresse-t-il de façon fictive ? Quel en est l’intérêt ?

(3 points)

6.

Lignes 23-28

Sur quel aspect la modalisation des questions insiste-t-elle ? En quoi l’utilisation de la première personne permet-elle de souligner le sentiment d’étrangeté du narrateur face à sa propre situation ?

(2 points)

Question de synthèse

7.

En vous appuyant sur les réponses apportées aux questions précédentes, vous montrerez que le discours fictif du condamné à sa fille revêt une fonction argumentative. Dans quelle mesure ce texte souligne-t-il implicitement la cruauté de la peine de mort ?

(5 points)


Eléments de correction

1.         narrateur : le condamné à la peine de mort
indices : marques de la 1ère pers. (adj. poss. « ma pauvre petite fille » ; pron. pers. « je serai mort »)

journal intime : élaboré au fil du temps, écrit dans l’attente de l’échéance
indications temporelles absolues : « Il est dix heures. », « encore six heures »

2.         - d’abord, l’indétermination du pron. indéf. « quelque chose d’immonde », assorti d’un adj. qual. péjoratif
- la séparation entre « une tête (…) d’un côté, un tronc (…) de l’autre », insistant sur la dislocation du corps- la périphrase « de ce qui restera » et le pron. indéf. employé comme NC « le tout » achèvent de présenter le corps comme un objet, dépersonnalisé, assimilé à une pièce de boucherie 

→ la de--xx--ion de la future dépouille du narrateur met à distance la barbarie de l’exécution, en même temps qu’elle la banalise (fonction : toucher la sensibilité du lecteur, souligner la cruauté de la peine capitale)

3.         dans l’évocation de souvenirs avec sa fille, le narrateur utilise le champ lexical du corps, assorti d’adj. qual. exprimant l’innocence de l’enfant, sa candeur, sa vulnérabilité : « ton petit cou blanc et parfumé », « tes cheveux comme sur de la soie », « ton joli visage rond », « tes deux petites mains pour prier Dieu »

→ une image idyllique du passé, une évocation nostalgique, qui souligne d’autant plus la cruauté de la situation présente, par effet de contraste

4.         après avoir insisté sur les souvenirs merveilleux avec sa fille, le narrateur envisage le devenir de sa fille après son exécution, au moyen de questions rhétoriques, de manière à induire l’approbation du destinataire quant à la cruauté de condamner non seulement le père (à la peine capitale), mais aussi sa fille (au désespoir, à la solitude)

→ la ponctuation exclamative (« Oh ! si ces jurés l’avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie ! ») vient renforcer l’expression du sentiment tragique

5.         l’apostrophe, assortie d’adj. qual. insistant sur la déploration du malheur (« Ô ma pauvre petite fille ! », « Pauvre petite ! », « malheureuse orpheline »), permet au narrateur de s’adresser solennellement à sa fille

→ la fille est non seulement le destinataire fictif de ce discours, mais elle constitue surtout pour le narrateur un argument venant corroborer le caractère inhumain de la condamnation à mort

cf. la périphrase : « le père d’un enfant de trois ans »
cf. l’anaphore : « ton père qui t’aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé »

6.         la modalisation, à la f orme interrogative (« est-il bien vrai ? »), renforcée par l’anaphore, accentue le sentiment d’étonnement que veut susciter le narrateur

de même, le pron. pers. objet (« c’est moi qui vais mourir ! ») ou substantivé (« ce moi que je touche ») insiste grammaticalement sur l’identité tragique entre l’énonciateur et le personnage

7.         [évaluer la capacité de l’élève à approfondir l’analyse des procédés précédents par l’interprétation générale du texte : fonction argumentative de la fiction, notamment toucher la sensibilité du lecteur]

Procédés et fonctions du registre pathétique , Support l'incipit

 &n bsp;                                                              Chapitre premier  

Bicêtre.

Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j'habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu'il y a plutôt des années que des semaines, j'étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s'amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et s ans fin, brodant d'inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C'étaient des jeunes filles, splendides chapes d'évêque, des batailles gagnées,des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C'était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j'étais libre. Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n'ai plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu’une certitude : condamné à mort ! Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés,seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrib le à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau. Je viens de m'éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : - Ah ! ce n'est qu'un rêve ! - Hé bien ! Avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entr'ouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille:

- Condamné à mort !

Une ouverture pathétique, émouvoir et prendre parti.

Etymologie :Pathétique du grec «pathos» c’ est-à-dire la passion, la souffrance
Un texte appartient au registre pathétique quand il cherche à émouvoir, à attendrir par l’expression exacerbée des sentiments. Il évoque  des situations douloureuses, des malheurs.
Il cherchera à susciter l’émotion chez le lecteur. Cette émotion peut être une fin en soi. Il peu aussi avoir une autre fonction, amener le lecteur à réagir, face à une injustice par exemple.

Procédés

  1. Une énonciation caractérisée par l’emploi du « JE » pour exprimer la souffrance, Point de vue interne => identification du lecteur au personnage.
  2.  Les interjections, les exclamations et les interrogations qui témoignent du bouleversement du locuteur&


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    Les figures de style - ETUDIE Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo - ãæÞÚ áÔÑÍ ÏÑæÓ ÇáÅäÌáíÒíÉ
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